Cadre international
La réponse politique internationale aux changements climatiques a commencé par l’adoption, en 1992, de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC).
L'objectif ultime de la Convention est de stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre "à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique".
La Convention Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, entrée en vigueur le 21 mars 1994, compte actuellement 197 Parties.
Pour renforcer l’efficacité de la mise en œuvre de la CCNUCC, le Protocole de Kyoto a été adopté en décembre 1997.
Celui-ci engage les pays industrialisés et les pays en transition vers une économie de marché à atteindre des objectifs chiffrés de réduction des émissions pour un ensemble de six GES. Le Protocole de Kyoto est entré en vigueur le 16 février 2005 et compte aujourd’hui 192 Parties. Sa première période d’engagement s’est déroulée de 2008 à 2012. L’Amendement de Doha, en 2012, établissait une deuxième période d’engagement entre 2013 et 2020.
En décembre 2015, les Parties ont adopté l’Accord de Paris. Aux termes de celui-ci, tous les pays présenteront des contributions déterminées au niveau national (CDN), et les progrès d’ensemble réalisés en matière d’atténuation et d’adaptation, ainsi que les moyens de mise en œuvre, seront examinés tous les cinq ans dans le cadre d’un Bilan mondial.
L’Accord de Paris est entré en vigueur le 4 novembre 2016 et, à ce jour (2026), il a été ratifié par 194 Parties.
Évolution du climat et projections climatiques en République centrafricaine
La République centrafricaine est exposée à une évolution progressive du climat, caractérisée principalement par une hausse des températures, une forte variabilité des précipitations et une augmentation des risques associés aux événements climatiques extrêmes.
Ces changements affectent déjà les populations, les ressources naturelles et plusieurs secteurs essentiels de l’économie, notamment l’agriculture, l’élevage, les ressources en eau, les infrastructures et la santé. Les projections climatiques indiquent que ces évolutions devraient se poursuivre au cours des prochaines décennies.
Températures
La température moyenne augmente de manière continue sur l’ensemble du territoire centrafricain. Depuis 1990, le réchauffement est particulièrement marqué dans le nord-est du pays, avec une hausse estimée à environ 0,34°C par décennie, contre environ 0,24°C par décennie dans le sud-ouest.
Les températures maximales augmentent plus rapidement que les températures minimales et les épisodes de forte chaleur deviennent plus fréquents, notamment durant les mois de mars, avril et mai.
Evolution de la température en RCA. Source World Bank Group 2021
Variabilité inter annuelle du nombre de jours de forte chaleur, de très forte chaleur et des paroxysmes des températures maximales en Centrafrique, 1990-2020. Source : Doukpolo et al 2022
Les projections de la CDN 3.0 indiquent une hausse de la température moyenne annuelle comprise entre +0,9°C et +2,5°C d’ici 2035, et entre +1,3°C et +3,8°C d’ici 2050, selon les scénarios d’émissions.
Cette hausse devrait entraîner davantage de stress thermique et de vagues de chaleur, avec des conséquences sur la santé, l’agriculture, l’élevage, les ressources en eau et les écosystèmes.
Précipitations
L'évolution des précipitations en RCA est caractérisée moins par une tendance uniforme que par une variabilité accrue du régime des pluies.
Au cours des dernières décennies, les producteurs constatent des changements dans le début et la fin de la saison des pluies. Les pluies peuvent commencer plus tôt ou plus tard et certaines saisons sont marquées par des poches de sécheresse en pleine saison des pluies ou, à l'inverse, par une prolongation des précipitations pendant les mois normalement plus secs.
Les projections sont plus incertaines que celles relatives aux températures. Selon la CDN 3.0, les scénarios les plus favorables suggèrent une relative stabilité des précipitations, tandis que les scénarios intermédiaires et pessimistes indiquent une diminution pouvant atteindre 2 à 15 % d'ici 2050.
Cette évolution pourrait accentuer les périodes de sécheresse, réduire la disponibilité de l'eau et accroître les pressions sur l'agriculture et les écosystèmes.
Événements climatiques extrêmes
La RCA est également confrontée à des événements climatiques extrêmes, notamment :
- Les fortes pluies et pluies intenses
- Les crues et inondations
- Les sécheresses et poches de sécheresse agricole
- Les épisodes de forte chaleur
- Les variations importantes du début et de la fin des saisons des pluies.
Il existe aussi une multiplication récente des épisodes de fortes pluies et des crues susceptibles de provoquer des inondations. Les projections indiquent par ailleurs que les épisodes de pluies intenses pourraient augmenter à l'avenir, même lorsque les précipitations annuelles moyennes diminuent.
Ces phénomènes représentent un risque important pour les populations, les cultures, les infrastructures, les ressources en eau et les moyens de subsistance.
Que nous disent les projections climatiques ?
Les projections montrent une évolution du climat qui dépendra fortement du niveau futur des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Ces projections sont établies par rapport à la période de référence 1995-2014 et sont issues des scénarios climatiques SSP utilisés dans la CDN 3.0.
Quels secteurs sont les plus exposés ?
L'évolution du climat constitue un enjeu transversal pour la République centrafricaine. Les secteurs particulièrement sensibles comprennent :
Agriculture et élevage : Modification des saisons agricoles, sécheresses, fortes pluies, inondations et stress thermique.
Ressources en eau : Variabilité des ressources en eau, sécheresses hydrologiques et risques liés aux inondations.
Santé : Augmentation des risques liés à la chaleur, au stress hydrique et à certaines maladies sensibles au climat.
Infrastructures : Vulnérabilité des routes, ouvrages, habitations et équipements collectifs aux fortes pluies, aux crues et aux températures élevées.
Écosystèmes et biodiversité : Pressions accrues liées à la hausse des températures, à la modification du régime des pluies et à l'évolution des conditions écologiques.
À retenir
Les projections climatiques convergent vers un constat majeur : la République centrafricaine connaîtra un réchauffement significatif au cours des prochaines décennies. L'évolution des précipitations demeure plus incertaine, mais leur variabilité ainsi que les risques liés aux événements extrêmes devraient rester une préoccupation majeure.
Le suivi des données climatiques, le développement de systèmes d'alerte précoce et le renforcement des capacités d'adaptation constituent ainsi des éléments essentiels pour anticiper les impacts futurs et renforcer la résilience du pays.